Accueil » Analyses de l'internet santé » Comment l’utilisation de Facebook influe-t-elle sur le bien-être subjectif ?

Comment l’utilisation de Facebook influe-t-elle sur le bien-être subjectif ?

160051247Une récente étude[1], réalisée auprès de jeunes adultes, a montré que l’utilisation de Facebook pouvait avoir un impact sur le bien-être subjectif de ses utilisateurs. Avec plus d’un milliard d’utilisateurs, dont la moitié est active quotidiennement, Facebook a changé les modes d’interactions, offrant de nouvelles perspectives de communication. Toutefois aucune étude ne permet à ce jour de bien comprendre comment Facebook influe sur le bien-être subjectif. Alors que certaines recherches transversales ont montré que l’utilisation de Facebook avait un impact positif sur le bien-être, d’autres mettent en évidence une relation inverse.  Kross et collègues ont donc décidé de considérer deux variables (le bien être cognitif et le bien-être affectif) et de voir comment elles évoluaient avec l’utilisation de Facebook.

La recherche, qui s’est déroulée sur une période de 14 jours, a été réalisée auprès de 82 jeunes adultes, possédant un téléphone intelligent et un compte Facebook. Ceux-ci ont été recrutés hors ligne, via des annonces placées dans deux universités. La collecte de données était divisée en 3 phases :

  1. Une série de questionnaires remis aux participants en début d’étude afin de mesurer leur état psychologique (échelles mesurant la satisfaction à l’égard de la vie, la dépression, l’estime de soi, les interactions sociales), leurs perceptions de Facebook et leurs motivations à se connecter à la plateforme
  2. Des sondages en ligne, envoyés 5 fois par jour par message texte, comptant 5 questions et visant à évaluer leur bien-être et leur utilisation de Facebook
  3. Une dernière série de questionnaires (échelles mesurant la satisfaction et l’isolation sociale) et l’enregistrement du nombre d’amis Facebook de chacun des participants.  

 

Les résultats de cette étude sont surprenants. Il semblerait que l’utilisation de Facebook soit associée à un déclin du bien-être affectif et cognitif. Ainsi, plus les personnes se connecteraient sur Facebook et plus elles verraient leur niveau de satisfaction baisser au cours de la journée. Ce déclin du bien-être des individus, suite à l’utilisation de Facebook, ne semble pouvoir être expliqué par le fait que c’est quand les individus se sentent mal qu’ils recourent à la plateforme.

Par ailleurs, il est à noter que toutes les activités n’ont pas le même effet. Ainsi, les communications sociales «directes», c’est-à-dire réalisées par le biais de la messagerie instantanée, semblent avoir un impact positif sur le bien-être affectif. Celui-ci augmente ainsi de façon linéaire avec le contact social «direct» en ligne.

Cette étude soulève  de nombreuses questions. Si les auteurs constatent une baisse du bien-être subjectif associée à l'utilisation quotidienne de Facebook,  on peut se demander quels sont les usages de la plateforme qui peuvent expliquer cet impact négatif. Est-ce de voir les activités de ses amis et de réaliser que sa propre vie n’est peut-être pas aussi remplie? Est-ce de consulter les photos de ses amis et de se comparer ? Il apparaît ainsi nécessaire de mieux cerner quels « rituels » de connexion ont quels effets sur l’utilisateur et en quoi le sens que les individus attribuent à ces usages permet d’en comprendre l’impact sur le sentiment de bien-être. Il serait également intéressant de reproduire ce type d’étude sur d’autres tranches d’âge et pour d’autres plateformes.

On peut enfin se demander dans quelle mesure cette association entre l’utilisation de Facebook et le déclin du bien-être subjectif contribue à la baisse constatée du nombre d’utilisateurs de la plateforme chez les jeunes des pays occidentaux.[2]

L’étude reste toutefois très intéressante notamment au plan de la méthodologie, l’envoi de questions via des messages textes permet en effet des mesures fréquentes sur une période relativement étendue.

 

Références:

 

[1] Kross E, Verduyn P, Demiralp E, Park J, Lee DS, et al. (2013) Facebook Use Predicts Declines in Subjective Well-Being in Young Adults. PLoS ONE 8(8): e69841. doi:10.1371/journal.pone.0069841 http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0069841

À propos Caroline Vrignaud

Caroline Vrignaud est agente de recherche à ComSanté. Elle a complété une licence en management des nouvelles technologies de l’information et de la communication de l’IUT St-Jérôme–Marseille (France) ainsi qu'une maîtrise en communication à l'UQAM.

2 plusieurs commentaires

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*