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Quand les échanges entre pairs facilitent la circulation et la production de connaissances

L’entourage, et notamment les femmes, constitue une des sources d’information que privilégient les individus lorsqu’ils font face à un problème de santé. Grâce à Internet, les individus peuvent entrer en contact avec d’autres au-delà du cercle familial et de proximité. Selon un récent sondage du Pew Internet & American Life Project, un internaute sur cinq (18%) aurait recours à Internet pour échanger avec des pairs sur son problème de santé et un sur quatre (23%) parmi ceux aux prises avec des maladies chroniques. Ceux qui prennent soin d’un être cher sont aussi nombreux à communiquer avec d’autres aidants sur Internet (26%).

Ces échanges entre pairs ont fait l’objet de plusieurs études qui montrent que si les espaces participatifs tels les blogues, les forums ou les groupes Facebook ont une fonction de support émotionnel, ils sont surtout des lieux d’échange d’information concernant les pathologies, les traitements et les stratégies pour interagir avec les cliniciens.

Le partage de ces données personnelles et leur agrégation de manière plus ou moins formelle et systématique, comme c’est le cas par exemple dans la célèbre communauté Patients like me, seraient à l’origine de la production de nouvelles connaissances sur les pathologies et leurs traitements.

Ces espaces participatifs sur Internet sont d’ailleurs l’un des outils sur lesquels s’appuient les mouvements revendiquant une médecine plus participative, caractérisée par un rôle plus actif du patient dans les soins et la prise de décision (voir le Journal of Participatory medicine ou cette entrevue du célèbre e-patient  Dave Debronkart).

Le développement des échanges entre pairs via les médias sociaux contribue très certainement à l’empowerment (pouvoir d’agir) des individus à l’égard de leur santé.  Ces échanges permettent, en effet, la diffusion d’informations relatives aux problématiques de santé, plus ancrées dans le quotidien des individus,  et donc, plus facilement assimilables. Toutefois, certains enjeux existent et concernent, entre autres, les problèmes de confidentialité associés à cette diffusion très large des données personnelles, la qualité de l’information et la relative absence des professionnels des discussions sur la santé dans les médias sociaux.

Référence :

Fox, S. (2011). Peer to peer Health care, PEW Internet & American Life Project.

À propos Christine Thoër

Christine Thoër est professeure au département de communication sociale et publique de l’Université du Québec à Montréal et directrice du Centre de recherche sur la communication et la santé (ComSanté). Elle travaille sur les usages d’Internet par la population et les soignants, les transformations de la communication soignant-soigné et les interventions en ligne de prévention/promotion de la santé.

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