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Thérapie en ligne, est-ce la solution pour la jeunesse d’aujourd’hui ?


Thérapie en ligneLes enfants du numérique, aussi appelés Génération Y ou encore Digital native, ont une facilité à utiliser les TIC (technologies de l’information et de la communication) et notamment les réseaux sociaux ayant grandi avec ces outils. Dans ce contexte, Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, s’est demandé s’il fallait adapter le modèle traditionnel de la psychothérapie pour rejoindre cette génération connectée ?

Entre 2006 et 2009, il a mis en place un cabinet virtuel de psychanalyse sur le jeu numérique Second Life afin de comprendre la pertinence d’un tel procédé. Les résultats qui en émanent sont intéressants. Selon lui, le cabinet de thérapie virtuel ne semble pas être le meilleur axe à emprunter et des outils comme Skype, ou encore le courriel seraient plus prometteurs.

Ce chercheur s’est par ailleurs intéressé à cerner les raisons qui poussent le patient à entreprendre une thérapie en ligne. Celles-ci peuvent être multiples : éloignement, mobilité réduite, gêne, etc. Il montre que la technologie offre un espace de parole qui diffère de la thérapie traditionnelle et permet souvent au patient de s’exprimer davantage, parce qu’il se sent plus à l’aise et plus confiant. Le psychanalyste préconise aussi l’utilisation d’un casque audio qui « renforce l’effet de sphère, de bulle » et suggère au patient de s’allonger. Enfin, la thérapie en ligne doit succéder à la rencontre réelle et physique, sans quoi la construction de la relation thérapeutique est plus difficile. Les résultats d’une thérapie en ligne, lorsque toutes ces conditions sont réunies, sont par contre assez encourageants. Mais des précautions sont à prendre, car sur Internet garantir la confidentialité n’est pas toujours évident!

L’intérêt des chercheurs pour les thérapies en ligne ou e-thérapie n’est pas récent. Les travaux montrent que ce mode d’intervention semble particulièrement adapté à certaines populations et problématiques de santé (voir Herbert et al., 2012 pour une recension de ces travaux). Les recherches concluent aussi à l’intérêt d’intégrer Internet comme outil de support à la thérapie plutôt qu’en remplacement de la thérapie en face à face.

La thérapie en ligne fait l'objet d'un numéro spécial de la revue Adolescence (voir la présentation du numéro). Après une présentation du numéro par Serge Tisseron, dans laquelle il introduit les termes du débat en insistant – entre autres – sur la distinction à opérer entre technologies du numérique et technologies par le numérique, Yann Leroux et Kathya Lebobe abordent les avantages et les inconvénients portés par le numérique dans le cadre psychothérapique. L’enjeu, peu à peu, est de savoir en quoi l’aménagement du cadre par le numérique peut sortir d’une logique du pis-aller pour accéder au rang de véritable alternative, garante d’une offre spécifique, non réductible.

Pour en savoir plus sur les usages d'internet par les personnes atteintes de troubles de santé mentale, voir le chapitre de livre: 
Herbert, C. F., Rioux, C. et Brunet, A. (2012). Les usages d’Internet par les personnes souffrant de troubles de santé mentale. Dans Internet et santé: acteurs, usages, et appropriations (p. 177-204). PUQ.

Références

Ulmi, N. Un psy numérique pour les «digiborigènes». Le Devoir. Récupéré de http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/455955/cybertherapie-un-psy-numerique-pour-les-digiborigenes

À propos Caroline Vrignaud

Caroline Vrignaud est agente de recherche à ComSanté. Elle a complété une licence en management des nouvelles technologies de l’information et de la communication de l’IUT St-Jérôme–Marseille (France) ainsi qu'une maîtrise en communication à l'UQAM.

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