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Prescrire une application santé pour favoriser l’engagement du patient dans le processus de soins

Application mobile santéSelon une étude américaine du Centre de recherche Pew Internet (Mobile Health 2012), la moitié des personnes qui possèdent un téléphone intelligent l’utilisent pour rechercher de l’information sur la santé. De plus, un utilisateur sur cinq a téléchargé une «application santé». Les applications relatives à l’activité physique (proposant par exemple des séquences d’entraînement), à l’alimentation ou visant le contrôle du poids (par exemple les outils de calcul de l’indice de masse corporelle ou d’évaluation des calories de son assiette  figurent parmi les plus populaires.

Ces applications disponibles gratuitement ou à faible coût sur différentes plateformes (Iphone, Android ou IPad) se multiplient mais restent encore peu documentées et sont de qualité variable[1]. Plusieurs semblent toutefois prometteuses pour favoriser l’engagement ou le maintien de comportements favorables à la santé et aider à la gestion des maladies chroniques[2].

Certaines de ces applications ciblent ainsi les patients diabétiques ou souffrant d’hypertension pour  les aider à gérer les relevés de leur glycémie ou de leur tension artérielle et en soutien à la gestion de la prise médicamenteuse. Ces données médicales que les patients peuvent recueillir manuellement ou en connectant leur téléphone à leur moniteur de glucose, sont transmises aux professionnels de la santé pour favoriser un meilleur suivi, dans certains cas accompagnées de recommandations à envoyer aux patients. La possibilité pour le patient de consulter  ses données médicales, souvent via un site où il accède à un dossier de santé personnalisé, documentant l’évolution de sa maladie, semble aussi contribuer à renforcer son implication dans le processus de soins.

En Grande-Bretagne, le National Health Service (NHS) a recommandé aux médecins la prescription de ces applications, les données médicales étant accessibles aux protagonistes de la relation de soins via le site Choices du gouvernement[3]. Le gouvernement y voit un moyen de réduire les coûts associés à la mauvaise gestion des maladies chroniques et à la non observance de la médication.

Ce marché attire également des acteurs privés (compagnies pharmaceutiques, compagnies d’assurance, chaînes de pharmacies, sans compter les entreprises développant des applications santé ou celles impliquées dans le développement de dossiers de santé personnalisés). Pour les consommateurs, devant cette proffusion d’applications santé, un des enjeux est de faire un choix. A ce titre, les soignants pourraient  jouer un rôle très utile en recommandant les applications qui ont fait l’objet d’évaluation. Les institutions pourraient aussi proposer des portails regroupant les applications les plus pertinentes, voire en développer, que ce soit des applications pour la santé ou pour la gestion de la vie quotidienne des patients.(voir par exemple l’initiative de l’institut universitaire en santé mentale de l’Hôpital L-H Lafontaine).

Références:

[1] West, J. H., Hall, P. C., Hanson, C. L., Barnes, M. D., Giraud-Carrier, C., & Barrett, J. (2012). There’s an App for That: Content Analysis of Paid Health and Fitness Apps. Journal of Medical Internet Research, 14(3), e72.  Consulté en ligne : http://www.jmir.org/2012/3/e72/ Rosser, B. A., & Eccleston, C. (2011). Smartphone applications for pain management. Journal of telemedicine and telecare, 17(6), 308?312. http://jtt.rsmjournals.com/content/17/6/308.long Chomutare, T., Fernandez-Luque, L., Arsand, E., & Hartvigsen, G. (2011). Features of mobile diabetes applications: review of the literature and analysis of current applications compared against evidence-based guidelines. Journal of medical Internet research, 13(3), e65. http://www.jmir.org/2011/3/e65/
[2] Terry, M. (2010). Medical apps for smartphones. Telemedecine Journal & E Health, 16(1):17-22.

À propos Christine Thoër

Christine Thoër est professeure au département de communication sociale et publique de l’Université du Québec à Montréal et directrice du Centre de recherche sur la communication et la santé (ComSanté). Elle travaille sur les usages d’Internet par la population et les soignants, les transformations de la communication soignant-soigné et les interventions en ligne de prévention/promotion de la santé.

6 plusieurs commentaires

  1. La m-santé est en fort développement grâce à la démocratisation des smartphones et de la e-santé en général, ce qui est une très bonne chose pour la santé publique et la prévention.

  2. Le marché des applications mobiles devrait atteindre 17milliards en Europe vers 2017 et représenter le 1er marché en revenus.
    Il va y avoir du monde au portillon pour avoir sa part du gateau!

  3. Voila + de 10 ans que le concept a été créé en France
    Le systeme MEDIPAD permet de prescrire non seulement des applications , mais aussi des sites internet ou des documentations PDF ou video et offre un dossier de synthése d’urgence et un suivi medical et de santé par le patient / citoyen et ses medecins et soignants …. en 36 langues, independamment de tout systemes d’exploitation, avec ou sans acces Internet et au format d’une carte de credit de type smart-object connectable a n’importe quel ordinateur

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