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Le dossier de santé électronique vu par les médecins

92016179 (1)Une récente étude américaine[1] s’est intéressée à l’utilisation faite par les médecins du dossier de santé électronique (DSE) et aux diverses difficultés que peut poser son utilisation. Son implantation dans les institutions et services médicaux vise notamment l’amélioration de la qualité des soins de santé, mais cette étude souligne le fait que l’informatisation des données et la prise en main des applications ne sont pas aisées pour tous les utilisateurs.

L’étude, un sondage en ligne, a été réalisée auprès de médecins qui ont recours à des systèmes de DSE dans leur pratique à l’hôpital et/ou dans des établissements d’enseignement ambulatoire de février à avril 2011. Son objectif était 1/de cerner les compétences des médecins dans la lecture et l’écriture du DSE, 2/de déterminer les préférences des médecins concernant leur utilisation de cet outil, et 3/d’identifier les facteurs associés à la compétence perçue et aux préférences des cliniciens.

Les données recueillies mettent en avant plusieurs niveaux de difficulté qui renvoient à l’écriture, la lecture, ou encore la capacité de navigation dans le DSE. Avant l’implantation du DSE, les dossiers patients étaient des documents « papiers », présentant une structure d’information linéaire : une collection ordonnée d’événements. Avec l’implantation d’une documentation informatisée, la présentation des informations est beaucoup fragmentée, la lecture et l’écriture dans le dossier impliquant l’activation de liens hypertextes dans lesquels certains médecins semblent se perdre. Pour les utilisateurs habitués à l’utilisation des technologies, des médecins pour la plupart plus jeunes, ces difficultés sont moins accentuées quoique toujours présentes. Habitués à des notes manuscrites succinctes, ils sont confrontés à des notes différentes, plus difficiles à lire, à écrire et perdent de ce fait du temps à utiliser l’outil.

Produire et récupérer la bonne information dans le DSE nécessiterait ainsi une formation préalable sur la navigation dans le DSE de même, que des formations succinctes sur certains points, questionnements qui émergent après un certain temps d’utilisation. Les enseignants en médecine pourraient aussi contribuer à favoriser l’appropriation de ce type d’outil dans le cadre de leur enseignement.

Le DSE est loin d’être implanté dans toutes les institutions (aux États-Unis, 3,6 % des médecins en 2006 l’utilisent, 3,8 % en 2007, 4 % en 2008 et 6,9 % en 2009), entre autres, pour des raisons économiques, politiques, mais aussi et surtout, parce que ce type de changement dans le travail organisationnel nécessite un accompagnement qui n’est pas toujours offert.

 En 2008, le Ministère de la Santé et des Services sociaux a entrepris d’implanter un dossier santé électronique au Québec (DSQ). À l’heure actuelle, plusieurs questions reliées à la confidentialité des données posent problème aux patients,. De plus, ce dossier reste encore un outil pour les soignants et non une passerelle entre le patient et ses soignants.

Référence:

[1] HAN, H., LOPP, L.. Writing and reading EHR documentation: An entirely new world. Medical Education Online, North America, 18, feb. 2013. Available at: <http://med-ed-online.net/index.php/meo/article/view/18634>. Date accessed: 21 Mar. 2013.

 

À propos Caroline Vrignaud

Caroline Vrignaud est agente de recherche à ComSanté. Elle a complété une licence en management des nouvelles technologies de l’information et de la communication de l’IUT St-Jérôme–Marseille (France) ainsi qu'une maîtrise en communication à l'UQAM.

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