Nombre de malades chroniques se dirigent vers Internet pour mieux comprendre leur problématique de santé et savoir la gérer au quotidien. Une enquête[1] réalisée en France dresse un portrait des caractéristiques, usages et attentes de ces internautes qui constituent un des groupes les plus présents en ligne avec les personnes soucieuses de leur santé, à la recherche d’informations et de conseils pour la prévention.
Qui sont les malades chroniques présents sur Internet?
L’étude a été réalisée auprès de 436 internautes français interrogés sur Internet entre le 4 et le 21 mars 2013 et déclarant souffrir d’une maladie chronique (63,76 % étant atteints d’une affection de longue durée)[2]. Les trois maladies touchant le plus de répondants étaient les maladies psychiatriques (14,91 %), le diabète (14,22 %) et les néphropathies (maladies des reins, 10,32 %). Comme c’est le cas dans la population générale, mais de manière plus accentuée encore, les malades chroniques présents sur Internet sont majoritairement des femmes (77,75 %), et sont âgés entre 36 et 65 ans (près de 6 malades sur 10). Environ 4 malades sur 10 ont des études universitaires à leur actif et une proportion similaire déclare des revenus supérieurs à 2001 euros par mois. La moitié des personnes les plus présentes sur le web (soit une présence d’au moins 2 à 3 fois par semaine) détient un diplôme universitaire. Enfin, la répartition géographique des malades chroniques se rapproche de celle des Français en général, avec près de 80 % des répondants vivant en milieu urbain ou périurbain et 6 sur 10 vivant à moins de 20 minutes d’un service d’urgence.
Comment et pourquoi les malades chroniques sont-ils présents sur Internet?
Plusieurs malades chroniques surfent sur Internet au moins 2 à 3 fois par semaine pour rechercher des informations médicales ou sur la santé ou encore pour échanger autour de la santé avec des particuliers ou des professionnels de la santé. Leurs objectifs : trouver de l’information sur une maladie précise (91,28 %), sur les médicaments et les traitements (77,98 %), des témoignages de personnes atteintes de la même maladie (67,66 %), ainsi que de l’information sur les effets secondaires de la médication (59,86 %). Les sites spécialisés en santé sont les plus populaires auprès des participants à l’étude, avec 92,66 % d’entre eux qui recherchent de l’information santé sur ceux-ci, notamment les sites encyclopédiques, d’association de patients, des pouvoirs publics, ou des groupes et d’associations de médecins. Les médias sociaux sont également très appréciés des malades les plus présents sur le web, qui visent à échanger avec des pairs. On note aussi que l’utilisation d’appareils mobiles pour la santé est plus importante chez les malades chroniques que dans la population générale (31,65 % versus 28 %).
Quels impacts sur la relation avec le médecin?
La recherche d’information sur la santé et les échanges entre pairs ont une influence sur la relation médecin-patient dans la mesure où de nombreux malades chroniques parlent de l’information recueillie avec leur médecin (70 % l’ont déjà fait au moins une fois). Le rapport rapporte que près de 20 % des patients chroniques ont accès à leur médecin par le biais de son numéro de cellulaire, ce qui serait un signe du développement de pratiques liées à un dialogue nouveau autour des informations recueillies sur le Web.
Quelles sont les attentes des malades chroniques présents sur le Web?
Les résultats de l’étude montrent que de nombreux malades chroniques aimeraient avoir accès à leur médecin (75,87 %) et à leur pharmacien (65,95 %) par courriel et obtenir de l’information sur la qualité des prestations de santé et des établissements de santé, aussi bien par des échanges avec d’autres internautes que par le biais d’évaluations consultables sur les sites institutionnels. Les malades chroniques rapportent également souhaiter une aide des médecins pour identifier de sources d’information de qualité sur Internet concernant leur problématique de santé.
Références:
[1] A la recherche du e-patient, Maladie chronique et numérique attitude (page 26)
(Etude Doctissimo pour LauMa communication et Patients & Web, réalisée par internet entre le 4 et le 21 mars 2013, 691 répondants dont 436 personnes touchées par une maladie chronique, dont 278 en ALD – Affection de Longue Durée avec une prise en charge à 100%).
[2] il s’agit en France de malades dont les soins sont pris en charge en totalité par la sécurité sociale
ComSanté Centre de recherche sur la communication et la santé
Mémoire de recherche "Rôle socio culturel des communautés virtuelles de patients dans le suivi des maladies chroniques -Vers un nouveau modèle d’éducation thérapeutique ?" Avec le numérique, l’arrivée de sites web dédiés aux communautés virtuelles de patients interrogent sur la place qu’occupent maintenant ces dispositifs dans la relation éducative, qui semblent favoriser l’émergence d’usages et des pratiques en devenir.