Le développement du Web 2.0 est caractérisé par la diffusion de nouvelles applications Internet mais également par une communication plus ouverte et plus interactive, engendrant certains changements au niveau des pratiques des communicateurs du réseau de la santé et des services sociaux. Comment réaliser des interventions de communication stratégiques à l’ère 2.0? La conférence “Malades de com 2.0”, initiative de l’AQESSS (association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux), qui a eu lieu vendredi le 19 mars, offrait des pistes de réponses.
Afin de mieux connaître les pratiques des professionnels qui travaillent dans le milieu des communications, une enquête réalisée par la Chaire de relations publiques et communication marketing de l’UQAM est présentement en cours. Selon les chercheurs principaux de cette étude, Bernard Motulsky et Marc D. David, la recherche montre que les activités de communication les plus importantes pour les responsables des communications, notamment du milieu de la santé et des services sociaux, sont les communications internes, les activités de relations publiques et les activités reliées à la gestion du site Web de leur organisation.
Ensuite, dans le cadre d’un atelier, les défis et les pistes de solutions concernant la communication médiatique des activités de recherche et la collaboration entre les établissements hospitaliers et les universités étaient soulevés. Jean Lepage, directeur des communications et des relations avec la communauté de l’ Hôpital Louis-H. Lafontaine (RUIS de l’UdM) souligne que les recherches universitaires peuvent rehausser l’image d’une organisation de santé. Aussi, insiste-t-il sur l’importance de développer et d’établir des relations plus étroites entre les hôpitaux et les centres de recherches universitaires.
S’inscrivant dans cette volonté de rapprochement et pour favoriser la diffusion des recherches dans les médias, Richard Fournier (directeur des communications, CHUQ – RUIS Laval) et son équipe ont mis en place une formation pour les chercheurs universitaires visant à développer leur capacité à vulgariser l’information scientifique auprès des médias. À ce titre, Marie-France Coutu, conseillère en relations médias, Institut universitaire en santé mentale Douglas (RUIS McGill), autrefois journaliste, affirme que ce qui intéresse les médias en matière de diffusion de la recherche, ce sont les liens que l’on peut établir entre les résultats de recherche et la « vraie vie ». Les médias apprécient illustrer la science par une « histoire vraie ».
Michelle Blanc, spécialiste en marketing Internet, a conclu la journée en présentant les différentes fonctions et potentiels des médias sociaux (comme Twitter et Facebook) pour le réseau de la santé. Considérant qu’Internet et les réseaux sociaux sont des sources d’information majeures, y compris pour trouver des conseils de santé, elle souligne l’importance pour les organisations de santé d’y être présentes. Première piste : écrire et diffuser beaucoup de contenus textuels en ligne afin de sortir dans les premiers résultats dans les moteurs de recherche comme Google. Une autre piste : les médias sociaux. Ce sont des outils interactifs gratuits qui permettent une grande portée de diffusion, et donnent l’occasion aux organisations de santé de s’inscrire dans la conversation sur la santé. Compte tenu des restrictions d’accès à ces outils au sein du réseau de la santé, ceux qui utilisent les réseaux sociaux pour communiquer sur leur organisation sont toutefois contraints de le faire de l’extérieur, souvent le soir depuis leur domicile…
ComSanté Centre de recherche sur la communication et la santé
