
Madeline Varno, étudiante au Rochester Institute of Technology, vient de réaliser une étude (encore non publiée) qui montre que les téléphones intelligents et les ordinateurs sont en train de transformer le déroulement du repas chez les jeunes. Réalisée auprès d’étudiants américains de 1er cycle, la recherche montre que de plus en plus d’individus consomment leur repas devant l’écran, connectés à Internet, tout en travaillant et/ou en échangeant via différentes plateformes avec leurs amis. Des résultats préoccupants quand on sait que le fait de manger devant un écran augmente la prise alimentaire et favorise la consommation d’aliments à faible teneur nutritive, plus rapidement accessibles et faciles à manger d’une main, l’autre courant sur le clavier. Une autre étude (Oldham-Cooper et al., 2010), comparant des individus qui, pour certains, mangeaient en jouant au solitaire sur un ordinateur, tandis que d’autres prenaient leur repas sans distraction, souligne aussi que ceux qui mangent devant leur ordinateur consomment plus parce qu’ils mémorisent moins facilement ce qu’ils ont absorbé et ressentent donc moins l’effet de satiété.
Madeline Varno signale aussi qu’Internet est devenu une source d’information sur l’alimentation que privilégient les étudiants. La recherche de recettes ou d’informations nutritionnelles passe surtout par Facebook ou Twitter, les étudiants mobilisant leur réseau pour obtenir de bonnes recettes et filtrer la somme d’informations à caractère nutritionnel disponibles en ligne. Une belle illustration du concept d’apomediation développé par Gunther Eisenbach (2008). Ces résultats soulignent aussi l’intérêt des médias sociaux pour promouvoir les saines habitudes de vie auprès des jeunes adultes.
ComSanté Centre de recherche sur la communication et la santé